Interprétation des résultats de la Procalcitonine

La compréhension de la cinétique de la Procalcitonine permet aux cliniciens d’obtenir des informations en temps utile 

Lorsque l’on utilise des tests de Procalcitonine (PCT) pour étayer des décisions cliniques, la rapidité et la précision comptent. C’est là que la cinétique de la PCT entre en jeu : un facteur qui rend la PCT unique par rapport aux autres marqueurs inflammatoires classiques. Contrairement à d’autres tests, la PCT fournit en temps opportun des informations spécifiques à l’infection bactérienne systémique, en ce qui concerne sa présence, son cours et sa gravité.1 Par exemple, après une attaque bactérienne, la cytokine IL-6  augmente et retombe trop rapidement, alors que les concentrations de protéine C réactive (CRP) augmentent beaucoup plus tard et diminuent beaucoup plus lentement que la résolution réelle de l’épisode. La PCT, par contre, est sujette à une stimulation par des causes concurrentes d’inflammation à un degré moindre que d’autres biomarqueurs.2

Les tests PCT en série fournissent des informations précieuses sur la réponse du patient au traitement et les risques liés aux résultats.3

Comprendre la cinétique de la PCT (Procalcitonine)
Vous recherchez un guide rapide et pratique sur les concentrations de PCT et l’interprétation des résultats ?

Suivi de la cinétique de la PCT

La PCT a une valeur pronostique, avec des concentrations plus élevées corrélées à la gravité de l’infection et des concentrations rapidement en baisse après le traitement indiquant un pronostic positif.3

L’évaluation des tendances de la PCT au fil du temps fournit une autre information clé : les patients dont les concentrations de PCT ne diminuent pas avec un traitement peuvent faire face à un échec thérapeutique et à un risque accru de mortalité.6

En particulier, il a été démontré que les concentrations de PCT qui diminuent de moins de 80 % par rapport à la ligne de base dans les quatre jours sont associées à une augmentation de la mortalité toutes causes confondues à 28 jours, en particulier lorsque la mesure de base de la PCT est > 2,0 µg/L.

La cinétique unique de la PCT est un bon indicateur de la réponse des patients à l'antibiothérapie.3

Cinétique de la PCT et décisions relatives aux antibiotiques

La cinétique de la PCT conduit également à de plus grandes perspectives sur la prise de décision en matière d’antibiotiques. Étant donné que les taux sanguins de la PCT augmentent dans les 3 à 6 heures après l’infection bactérienne, les concentrations reflètent la réponse de l’hôte et la gravité de l’infection. Une fois que l’infection est contrôlée et que le patient répond adéquatement aux antibiotiques, les concentrations de PCT diminuent d’environ 50 % par jour.7

Chez les patients atteints d’IRB, lorsque les concentrations de PCT diminuent à < 0,25 µg/l, ou ≥ 80 % en dessous de la valeur maximale, il semble acceptable et sûr d’interrompre l’antibiothérapie, en supposant que les patients présentent également une réponse clinique favorable.8,9

De même, chez les patients présentant un sepsis suspecté ou confirmé, lorsque les concentrations de PCT diminuent à < 0,5 µg/l, ou > 80 % en dessous de la valeur maximale, l’interruption de l’antibiothérapie semble être sûre et acceptable, en supposant que les patients présentent également une réponse clinique favorable.8,9

Changements dans la concentration
plasmatique de la procalcitonine

Concentration plasmatique
actuelle de la PCT



Diminution depuis le pic
PCT > 80%
et amélioration clinique



OU

LRTI ≤ 0,25µg/L
Arrêt des antibiotiques

Sepsis ≤ 0,50µg/L
Arrêt des antibiotiques

Il est important de noter que si les niveaux de la PCT ne diminuent pas de plus de 80 % au jour 4 de la maladie d'un patient, un échec du traitement doit être envisagé et une réévaluation du patient est recommandée.10 L'utilisation de la PCT pour décider quand arrêter les antibiotiques a permis de réduire l'utilisation totale d'antibiotiques et de diminuer la durée de l'antibiothérapie11

PCT dans la pratique courante

Bien que d’autres biomarqueurs aient été utilisés pour cibler l’utilisation des antibiotiques, améliorer les résultats cliniques et réduire les coûts, leur impact a été limité. En revanche, l’inclusion de la PCT dans la gestion des antimicrobiens change la donne. Mais il ne suffit pas de comprendre la cinétique de la PCT ; vous devez voir par vous-même ce que la PCT peut faire pour votre administration d’antibiotiques, vos patients et votre rentabilité.

Découvrez comment la surveillance de la PCT peut offrir des perspectives en matière d’évaluation des patients et de prise de décision thérapeutique :

L’antibiothérapie doit être envisagée quel que soit le résultat de la PCT si le patient présente l’un des éléments suivants :

  • Cliniquement instable
  • À risque élevé de résultats indésirables
  • Forte preuve d’agents pathogènes bactériens
  • Le contexte clinique indique que l’antibiothérapie est justifiée

Si des antibiotiques sont retenus, réévaluez le patient si les symptômes persistent ou s’aggravent et répétez la mesure de la PCT dans les 6 à 24 heures. Afin évaluer l’efficacité du traitement et d’appuyer une décision d’interrompre l’antibiothérapie, des analyses de suivi doivent être effectuées une fois tous les 1 à 2 jours, à la discrétion du médecin dans l’examen de l’évolution et du progrès du patient.12 Notez que les concentrations de PCT peuvent ne pas être élevées chez les patients infectés par certains agents pathogènes atypiques, tels que Chlamydophila pneumoniae et Mycoplasma pneumoniae.13

Apprenez-en davantage sur la mise en œuvre des tests de procalcitonine dans votre hôpital.
Références
  1. Karzai W, Oberhoffer M, Meier-Hellmann A, Reinhart K. Procalcitonin—a new indicator of the systemic response to severe infections. Infection. 1997 Nov 1;25(6):329-34.
  2. Meisner M. Pathobiochemistry and clinical use of procalcitonin. Clin Chim Acta. 2002 Sep 1;323(1-2):17-29.
  3. Schuetz P, Birkhahn R, Sherwin R, Jones AE, Singer A, Kline JA, et al. Serial procalcitonin predicts mortality in severe sepsis patients: Results from the multicenter procalcitonin MOnitoring SEpsis (MOSES) study. Crit Care Med. 2017 May;45(5):781.
  4. Wiedermann FJ, Kaneider N, Egger P, Tiefenthaler W, Wiedermann CJ, Lindner KH, et al. Migration of human monocytes in response to procalcitonin. Crit Care Med. 2002 May 1;30(5):1112-7.
  5. Meisner M. Procalcitonin-biochemistry and clinical diagnosis. Dresden (Allemagne): UNI-MED-Verlag; 2010.
  6. Müller B, Becker KL, Schächinger H, Rickenbacher PR, Huber PR, Zimmerli W, et al. Calcitonin precursors are reliable markers of sepsis in a medical intensive care unit. Crit Care Med. 2000 Apr 1;28(4):977-83.
  7. Meisner M. Procalcitonin: Experience with a new diagnostic tool for bacterial infection and systemic inflammation. J Lab Med. 1999;23:263–72.
  8. Bouadma L, Luyt CE, Tubach F, Cracco C, Alvarez A, Schwebel C, et al. Use of procalcitonin to reduce patients’ exposure to antibiotics in intensive care units (PRORATA trial): A multicentre randomised controlled trial. Lancet Infect Dis. 2010 Feb 6;375(9713):463-74.
  9. Schuetz P, Christ-Crain M, Thomann R, Falconnier C, Wolbers M, Widmer I, et al. Effect of procalcitonin-based guidelines vs standard guidelines on antibiotic use in lower respiratory tract infections: the ProHOSP randomized controlled trial. JAMA. 2009 Sep 9;302(10):1059-66.
  10. Schuetz P, Chiappa V, Briel M, Greenwald JL. Procalcitonin algorithms for antibiotic therapy decisions: a systematic review of randomized controlled trials and recommendations for clinical algorithms. Arch Intern Med. 2011 Aug 8;171(15):1322-31.
  11. de Jong E, van Oers J, Beishuizen A, Vos P, Vermeijden W, Haas L, et al. Efficacy and safety of procalcitonin guidance in reducing the duration of antibiotic treatment in critically ill patients: A randomised, controlled, open-label trial. Lancet Infect Dis. 2016 Jul 1;16(7):819-27.
  12. Schuetz P, Raad I, Amin DN. Using procalcitonin-guided algorithms to improve antimicrobial therapy in ICU patients with respiratory infections and sepsis. Curr Opin Crit Care. 2013 Oct;19(5):453-60. doi: 10.1097/MCC.0b013e328363bd38. PMID: 23817026.
  13. Krüger S, Welte T. Biomarkers in community-acquired pneumonia. Expert Rev Respir Med. 2012 Apr 1;6(2):203-14.